Vers une politique migratoire européenne équilibrée – EURACTIV.com

Vers une politique migratoire européenne équilibrée – EURACTIV.com

22 septembre 2020 0 Par Village FSE

En matière de migration, il devrait y avoir une solidarité tangible au sein de l'UE. Cependant, la Pologne ne peut accepter le paradigme selon lequel la solidarité est basée sur des mesures obligatoires, y compris la délocalisation, écrit Andrzej Sadoś.

Andrzej Sadoś est le représentant permanent de la Pologne auprès de l'UE.

Les récents événements à Lesbos nous rappellent que la migration reste l'un des défis majeurs en Europe et nécessite une réponse globale. Forger cette réponse exige de restaurer la confiance et de rassembler tous les États membres pour gérer conjointement les réalités de la migration, tout en garantissant la sécurité des citoyens de l'UE,

Les questions liées à la migration sont très importantes pour moi personnellement, car pendant sept ans, j'avais vécu les défis, les opportunités et les conséquences de la migration tout en travaillant pour une organisation internationale fournissant une aide complète aux réfugiés et aux migrants.

Des générations de Polonais ont dû migrer pour des raisons politiques. Plus récemment, les Polonais ont migré pour des raisons économiques, élargissant ainsi davantage la diaspora polonaise dans le monde.

La Pologne connaît également des migrations massives de main-d’œuvre en provenance d’Ukraine et d’Asie, tandis que les récentes tensions à l’Est font que davantage de Biélorusses trouvent refuge dans notre pays. Leur contribution au développement de l'économie polonaise augmente et cette tendance devrait se poursuivre.

Par conséquent, nous attendons avec impatience la proposition de la Commission européenne et la discussion entre les États membres de l’UE. Nous avons besoin d'un nouveau départ dans la politique européenne de migration et d'asile.

Je pense que le prochain nouveau pacte sur la migration et l'asile sera basé sur l'équilibre entre les principes de responsabilité et de solidarité, comme convenu par nos dirigeants politiques en juin 2018.

Partant de la responsabilité, le pacte devrait se concentrer principalement sur une protection efficace des frontières extérieures de l’UE. Il est essentiel d'améliorer la surveillance des frontières extérieures et d'atténuer les divergences de procédure et d'organisation à travers l'UE à cet égard.

Nous devons réduire la migration illégale et faciliter nos efforts pour briser le modèle commercial des passeurs de migrants tout en développant le système qui distingue rapidement et efficacement ceux qui ont besoin d'une protection internationale et ceux qui abusent des procédures.

C'est pourquoi la Pologne a plaidé pour le développement d'une procédure frontalière européenne ambitieuse à part entière et pour un engagement accru de l'agence Frontex qui aiderait les États membres à sécuriser les frontières.

Le développement de la gestion des frontières devra aller de pair avec l’amélioration de la capacité de l’Union à accélérer le retour des personnes qui ne possèdent pas le droit légal de rester dans l’UE.

Tout en garantissant les droits fondamentaux de chaque individu, l’UE devrait établir des mécanismes communs qui permettront aux États membres de renvoyer rapidement les migrants non éligibles à une protection, de préférence directement depuis la frontière extérieure de l’UE.

L’expérience a montré qu’il n’est pas possible d’améliorer la politique de retour de l’UE sans développer des relations globales avec les pays tiers.

Nous devons être en mesure de mieux utiliser toutes les mesures pertinentes afin de lutter plus efficacement contre les causes profondes de la migration illégale et de renforcer les capacités de nos partenaires à gérer les frontières, à lutter contre la contrebande et à coopérer en matière de réadmission.

Afin de maintenir un bon équilibre dans la politique migratoire de l'UE, la responsabilité doit être complétée par une solidarité tangible.

Les États membres de première ligne sous pression devraient bénéficier d'un soutien et d'une assistance sur mesure.

Notre compréhension de la solidarité est qu'elle doit être aussi large et flexible que possible. Cela nécessiterait la fourniture d'un large catalogue d'outils, tels que le soutien financier et technique, adaptés aux capacités et aux préférences des États membres.

Ainsi, nous ne pouvons accepter le paradigme selon lequel la solidarité repose sur des mesures obligatoires, y compris la délocalisation.

La réinstallation se révèle non seulement inefficace, mais elle crée également un puissant facteur d'attraction et constitue une incitation à la contrebande tout en mettant des vies humaines en danger.

Par conséquent, nous considérons le nouveau pacte sur la migration et l'asile comme une occasion de passer de solutions imposées unilatéralement à des solutions convenues d'un commun accord.