Une loi européenne pour les Roms devient possible – EURACTIV.fr

Une loi européenne pour les Roms devient possible – EURACTIV.fr

17 septembre 2020 0 Par Village FSE

Le Parlement européen adoptera aujourd'hui (17 septembre) sa résolution «sur la mise en œuvre des stratégies nationales d'intégration des Roms: lutter contre les attitudes négatives à l'égard des personnes d'origine romani en Europe». Le rapporteur, Romeo Franz, d'origine rom, partage sa réaction émotionnelle.

Romeo Franz (Groupe des Verts, Allemagne) préside la délégation pour les relations avec la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo et est vice-président de la commission de la culture et de l'éducation.

Le 17 septembre 2020 restera une journée de référence pour les Roms dans l'UE. Ce jour-là, le Parlement européen aura adopté une résolution historique. La résolution demande, pour la première fois dans l'histoire du Parlement européen, une loi européenne pour les Roms.

C'était une énorme responsabilité et en même temps, un grand honneur pour moi, en tant que rapporteur du Parlement européen, de développer la résolution et de faire entendre la voix romani au niveau de l'UE. Je suis un Sinto, un homme d'origine rom, le fils d'un survivant de l'Holocauste et je n'ai jamais oublié la souffrance de ma famille.

Beaucoup de mes compatriotes souffrent encore ces jours-ci de l'antitsiganisme, la forme spécifique de racisme contre les Roms. L'UE compte plus de six millions de Roms, dont 80% vivent dans l'extrême pauvreté.

Aujourd'hui, je suis membre du Parlement européen et j'ai travaillé avec mon peuple pour enfin faire entendre sa voix. C'est précisément la voix du peuple rom qui peut être entendue à travers le rapport.

J'ai décidé de développer ce rapport parce que le cadre européen actuel pour les stratégies nationales d'intégration des Roms (NRI) n'a pas amélioré la situation de manière significative.

Les SNIS restent effectivement entre les mains des États membres. Bien que le financement de l'UE soit alloué à la mise en œuvre des SNIS, en l'absence d'objectifs contraignants, de critères de référence et de suivi, l'efficacité de la coordination de l'UE reste très limitée.

Les SNIS échouent également fréquemment à reconnaître que la cause sous-jacente de la situation existante est l'antitsiganisme systémique, par conséquent, l'accent mis sur l'intégration socio-économique ne peut pas changer radicalement la situation.

Mon rapport énumère un certain nombre de demandes clés adressées à la Commission et aux États membres de l'UE.

Outre un certain nombre de recommandations spécifiques dans le domaine de l'éducation, de l'emploi, du logement, des soins de santé, de l'égalité des sexes, le rapport indique clairement que la Commission doit proposer un instrument juridiquement contraignant pour l'égalité, l'inclusion, la participation des Roms et la lutte contre l'antitsiganisme.

Cela devrait combiner les aspects socio-économiques avec une approche fondée sur les droits dans la future stratégie de l’UE, et utiliser le terme «peuple romani» afin de mieux refléter l’hétérogénéité de la communauté romani.

L'adoption du rapport marque le début d'un changement historique: une vie meilleure pour près de 80% des personnes d'origine romani qui vivent dans des conditions de vie précaires.

Un appel vigoureux à l'égalité, à la justice et à l'inclusion a été entendu du cœur de la démocratie européenne. Le Parlement européen a fait un grand et très important pas en avant vers la justice pour l'une des minorités ethniques les plus opprimées et les plus importantes de notre histoire européenne.

Je continuerai à travailler avec mon peuple pour lutter contre les inégalités et les injustices, et j'affirme fermement que l'égalité doit fonctionner pour tous, quelle que soit l'appartenance ethnique et je ne m'arrêterai pas tant que cette loi ne deviendra pas réalité.