Un spectateur isolé ou un joueur positif? – EURACTIV.com

Un spectateur isolé ou un joueur positif? – EURACTIV.com

25 octobre 2020 0 Par Village FSE

Alors que l’Union européenne peine à rester pertinente avec sa «Commission géopolitique» autoproclamée, les États-Unis au Moyen-Orient sont à l’avant-garde des changements géopolitiques avec leur leadership visionnaire, écrit Charlie Weimers.

Charlie Weimers est membre suédois du Parlement européen du groupe des conservateurs et réformistes européens (ECR) et membre de la commission des affaires étrangères (AFET).

En août, les Émirats arabes unis (EAU), Bahreïn et Israël ont décidé de normaliser les relations, une mesure facilitée par l'administration Trump, et a abouti à la signature des accords d'Abraham un mois plus tard.

La réaction de l’UE à la décision historique a été au mieux modérée, ce qui soulève la question: l’UE est-elle un acteur ou un spectateur du processus de paix au Moyen-Orient?

Lors d'un récent webinaire organisé par le parti ECR en coopération avec plusieurs députés du groupe ECR, les ambassadeurs des Émirats arabes unis, de Bahreïn et d'Israël auprès de l'UE ont discuté des accords d'Abraham et de leur potentiel pour une paix, une stabilité et une prospérité plus larges au Moyen-Orient.

Le webinaire était le premier du genre dans la bulle de l'UE à avoir les trois ambassadeurs avec des milliers de personnes qui regardaient dans le monde entier.

Les déclarations des trois ambassadeurs étaient fortes et claires: cet accord historique n'aurait pas été possible sans la participation des États-Unis et constitue une excellente occasion pour l'UE de se mobiliser et de devenir un acteur actif dans la promotion de la paix au Moyen-Orient.

Malheureusement, l'UE est restée pour la plupart un spectateur silencieux avec des politiques qui vont à l'encontre de la paix, de la stabilité et de la prospérité dans la région.

La signature récente de l'accord aérien entre Israël et la Jordanie réduira considérablement le coût du carburant et les émissions de carbone, car elle permet aux vols européens et nord-américains vers l'Extrême-Orient de survoler directement l'espace aérien israélien, puis irakien, qatari et saoudien.

Cet accord aurait été impensable il y a à peine un an et est le résultat concret du succès des «accords d’Abraham». On se serait au moins attendu à une déclaration saluant l'accord ou même à une réaction du vice-président Frans Timmermans car l'accord sert bien son projet favori, le Green Deal européen.

De plus, le rôle positif de l’UE au Moyen-Orient peut être remis en question alors que l’UE continue d’adhérer au régime des mollahs en Iran.

Le régime iranien est une source majeure d'instabilité dans la région, avec son soutien continu au terrorisme et à une agression ouverte contre Israël et plusieurs pays du Golfe.

Comment l’UE peut-elle dire qu’elle défend la sécurité d’Israël si elle continue de coopérer et de commercer avec un pays qui cherche à «l’effacer» de la carte?

De plus, l’ingérence de l’Iran dans les affaires de Bahreïn et d’autres pays contribue à l’insécurité et à la déstabilisation de la région.

L’utilisation par l’Iran de mandataires, y compris le Hezbollah, est non seulement une menace réelle pour le Moyen-Orient, mais aussi pour le monde en général, car ses activités terroristes s’étendent à travers le monde.

L’UE doit cesser sa fausse distinction entre les soi-disant «ailes politiques» et les «ailes militaires» de l’organisation si elle est vraiment attachée à la paix, à la sécurité et à la prospérité mondiales.

Comment l’UE peut-elle justifier sa distinction si même les dirigeants du Hezbollah nient qu’une telle distinction existe?

Si l'UE souhaite véritablement devenir un acteur au Moyen-Orient, elle doit intensifier et adhérer aux accords d'Abraham, travailler avec Israël et les pays arabes pour rechercher un avenir plus prospère pour la région en encourageant et en soutenant les initiatives à cet effet.

Il doit changer sa politique actuelle envers l’Iran et reconnaître que ce n’est pas l’Iran, mais Israël et ses alliés du Golfe qui sont ses véritables partenaires.

Ce n'est qu'alors que l'UE atteindra ses objectifs de devenir un acteur positif dans un Moyen-Orient en mutation et dans la résolution du conflit israélo-arabe.

Le quasi-silence de l’UE est cependant assourdissant.