Un coup de pouce du secteur privé de 600 milliards d'euros – EURACTIV.fr

Un coup de pouce du secteur privé de 600 milliards d'euros – EURACTIV.fr

30 mai 2020 0 Par Village FSE

Dans le cadre de son plan de relance, la Commission européenne souhaite attirer 600 milliards d'euros d'investissements privés supplémentaires afin de financer des secteurs stratégiques et de soutenir les entreprises viables à risque de pénurie de liquidités au lendemain de la crise COVID-19.

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a dévoilé mercredi 27 mai un plan de relance budgétaire sans précédent pour surmonter la récession la plus profonde de l'histoire de l'UE.

L'ancienne ministre allemande a proposé que les États membres de l'UE fournissent des garanties permettant à la Commission d'emprunter 750 milliards d'euros sur les marchés pour financer son fonds de relance, dénommé «Next Generation EU».

Mais von der Leyen souhaite également que le secteur privé joue un rôle plus important dans la reprise, afin de combler le déficit d'investissement.

«UE nouvelle génération aidera les entreprises en parfaite santé qui ont pris les bonnes décisions et investi au cours des décennies – mais qui se trouvent à risque maintenant parce que les concurrents des autres États membres ont un meilleur accès à l'argent public ou privé pour obtenir de nouveaux capitaux », a-t-elle déclaré aux députés.

Son fonds investira également dans les industries et technologies européennes clés «pour rendre les chaînes d'approvisionnement cruciales plus résilientes». Et il financera des technologies de pointe, telles que l'intelligence artificielle, l'agriculture de précision ou l'ingénierie verte.

À cette fin, von der Leyen a proposé de créer deux nouveaux instruments pour soutenir les entreprises solvables et investir dans des secteurs stratégiques. En outre, elle renforcera InvestEU, anciennement connu sous le nom de «plan Juncker», l’instrument permettant d’attirer des capitaux privés grâce aux garanties de l’UE.

Von der Leyen a proposé de mettre de côté environ 60 milliards d'euros 750 milliards d'euros pour l'extension des garanties. Ce faisant, la Commission prévoit d'attirer un volume supplémentaire de 600 milliards d'euros d'investissements privés.

L'essentiel de l'argent sera acheminé via le nouvel «instrument de soutien à la solvabilité» que la Commission souhaite mettre en place cette année.

La Commission envisage un nouveau bouclier pour protéger les entreprises contre une pandémie

La crise «sans précédent» des coronavirus nécessitant de nouveaux outils, la Commission européenne envisage de créer un nouvel instrument pour soutenir les entreprises menacées d'insolvabilité, en particulier dans les États membres vulnérables, ont déclaré lundi 27 avril deux hauts responsables.

En utilisant 31 milliards d'euros comme garanties, l'exécutif européen s'attend à attirer 300 milliards d'euros pour soutenir les entreprises viables en difficulté en offrant aux investisseurs de couvrir les premières pertes potentielles, a expliqué un responsable de l'UE.

Les garanties seront gérées par la Banque européenne d'investissement et soutiendront principalement les entreprises des régions et des secteurs les plus touchés par la pandémie.

Il n'y aura pas de clé de pré-allocation par pays, mais il y aura des lignes directrices pour garantir que les investissements sont alignés sur les priorités de l'UE. Par exemple, au moins 25% de l’investissement doit aller à la transition «verte».

Avec cet instrument, la Commission espère minimiser le risque de fragmentation du marché intérieur, étant donné que certains pays comme l'Allemagne disposent de plus de puissance financière pour aider leurs entreprises. À ce jour, plus de la moitié des aides d'État approuvées par la Commission proviennent de Berlin.

En outre, la Commission a proposé une nouvelle « facilité d'investissement stratégique » pour débloquer 150 milliards d'euros d'investissements en utilisant 15 milliards d'euros comme garanties.

Ces garanties, également gérées par la BEI via InvestEU, renforceront la résilience des secteurs stratégiques, notamment ceux liés à la transition verte et numérique. Ils soutiendront également les principales chaînes de valeur du marché intérieur, telles que les équipements médicaux et les produits pharmaceutiques.

Parallèlement à ces deux nouveaux instruments, la Commission prévoit également de renforcer l'instrument InvestEU en ajoutant 15,3 milliards d'euros de garanties. En utilisant le même ratio de levier appliqué aux autres mécanismes de garantie, cela pourrait attirer environ 150 milliards d'euros d'investissements privés.

L'investissement privé débloqué par ce mécanisme pourrait augmenter le PIB de l'UE de 2,3% en 2024, par rapport au scénario de référence, selon un document de travail des services de la Commission accompagnant la proposition de fonds de relance.

L'exécutif européen espère également que, grâce au nouveau système de garantie, l'investissement mobilisé pourrait être supérieur de 1% au scénario de référence.

(Sous la direction de Frédéric Simon)