L'UE réfléchit à son plan de renforcement du stockage du carbone dans les terres agricoles – EURACTIV.fr

L'UE réfléchit à son plan de renforcement du stockage du carbone dans les terres agricoles – EURACTIV.fr

18 septembre 2020 0 Par Village FSE

Les agriculteurs et les forestiers doivent être «directement incités» à mettre en pratique des cultures de captage du carbone et d'autres mesures destinées à réduire les gaz à effet de serre nets (GES), selon une mise à jour de la loi sur le climat de la Commission européenne.

La nouvelle communication présentée jeudi 17 septembre vise à stocker plus de carbone sur les terres agricoles et les forêts européennes grâce à un «système de certification robuste pour l'élimination du carbone».

Pour ce faire, l'exécutif de l'UE prévoit de réviser plusieurs textes législatifs en 2021, tels que le règlement sur l'utilisation des terres, le changement d'affectation des terres et la foresterie (LULUCF) et le règlement sur le partage de l'effort.

La Commission appelle également les États membres à déployer une agriculture de carbone et une certification des absorptions de carbone à l'horizon 2030.

Avec environ 51 milliards de tonnes d'équivalent CO2 retirées de l'atmosphère et stockées dans la couche arable des terres agricoles pendant le processus de photosynthèse, la séquestration du carbone est considérée comme une mesure clé à la fois pour l'atténuation et l'adaptation au climat.

Certains des puits de carbone les plus efficaces sont les prairies et les pâturages permanents, ainsi que les terres agricoles situées sur des tourbières et d'autres sols organiques.

Les bonnes pratiques agricoles, telles que la rotation des cultures et le boisement, peuvent également contribuer à maintenir une agriculture neutre en carbone.

Cependant, l'idée de l'élimination du carbone provenant de l'agriculture, de l'utilisation des terres et de la foresterie a été critiquée par plusieurs ONG environnementales.

L’aspect central de la mise à jour de la loi sur le climat est d’accroître l’ambition de l’UE d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2050.

Pour ce faire, la Commission a proposé de porter l'objectif de réduction des émissions à l'horizon 2030 de 40% à 55% et a promis que toute la législation serait révisée pour l'adapter au nouvel objectif.

Selon l'Agence européenne pour l'environnement (AEE), le secteur agricole a produit environ 10% des émissions totales de gaz à effet de serre (GES) de l'UE, avec 426 473 kilotonnes d'équivalent CO2 produites en 2015.

«Bien que ces émissions ne puissent jamais être entièrement éliminées avec les technologies et options de gestion existantes, elles peuvent être considérablement réduites tout en garantissant le maintien de la sécurité alimentaire dans l'UE», indique l'analyse d'impact de la Commission.

L'utilisation efficace d'engrais, l'agriculture de précision, un troupeau en meilleure santé et le déploiement de la digestion anaérobie produisant du biogaz, ainsi que la valorisation des déchets organiques sont répertoriés comme des exemples de technologies existantes qui pourraient contribuer à faire face à la réduction des émissions.

Le document montre également que d'ici à 2030, les réductions d'émissions découlant de l'évolution des choix des consommateurs vers une alimentation saine pourraient être du même ordre de grandeur que les options techniques disponibles pour réduire les émissions dans le secteur.

En septembre 2019, les ministres de l'agriculture de l'UE ont discuté de la meilleure manière de soutenir la capture du carbone dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) pour l'après-2020, dans le but de faire de cet outil l'un des meilleurs moyens de réduire les émissions.

Lors de cette réunion informelle, organisée par la présidence finlandaise du Conseil de l'UE, les ministres ont unanimement souligné que les mesures visant à améliorer la durabilité de l'agriculture nécessitent à la fois un financement suffisant et des incitations appropriées.

La semaine dernière, la commission de l’agriculture du Parlement européen (COMAGRI) a voté son avis sur la loi sur le climat, qui comprenait des propositions concernant la possibilité d’un système de séquestration du carbone dans le sol.

Asger Christensen, l'eurodéputé libéral qui a rédigé l'avis, estime qu'il peut être soutenu par l'établissement d'un système d'échange distinct pour les émissions négatives.

Le président de la commission, l'eurodéputé allemand de centre droit Norbert Lins, a salué le fait que la Commission «ouvre la voie à de nouvelles opportunités de revenus grâce à l'agriculture au carbone pour les agriculteurs».

Cependant, il a ajouté que le diable est dans les détails car les agriculteurs ont besoin de solutions basées sur le marché pour l'agriculture au carbone et de véritables incitations.

«Nous ne voulons pas d’un monstre bureaucratique, mais d’un système de certification de séquestration du carbone qui fonctionne», a-t-il conclu.

(Edité par Benjamin Fox)