L'UE lance une enquête « approfondie » sur l'offre de Google pour Fitbit – EURACTIV.fr

L'UE lance une enquête « approfondie » sur l'offre de Google pour Fitbit – EURACTIV.fr

4 août 2020 0 Par Village FSE

La Commission européenne a lancé une «enquête approfondie» mardi 4 août pour déterminer si l’achat prévu par le géant américain de la technologie Google pour 1,7 milliard d’euros du fabricant de montres intelligentes Fitbit lui donnerait un avantage déloyal sur le marché.

«Notre enquête vise à garantir que le contrôle par Google des données collectées via des appareils portables à la suite de la transaction ne fausse pas la concurrence», a déclaré la commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager.

En novembre de l'année dernière, Google a annoncé avoir conclu un accord pour acheter Fitbit, qui produit des trackers de fitness portables et des montres qui communiquent avec une application de surveillance de la santé.

Mais Google produit également un système d'exploitation pour les smartwatches et Bruxelles craint que l'acquisition des données utilisateur de Fitbit ne renforce sa position déjà puissante dans la publicité ciblée.

«L'utilisation d'appareils portables par les consommateurs européens devrait augmenter considérablement dans les années à venir», a déclaré Vestager dans un communiqué annonçant l'enquête.

«Cela ira de pair avec une croissance exponentielle des données générées par ces appareils. Ces données fournissent des informations clés sur la vie et l'état de santé des utilisateurs de ces appareils », a-t-elle ajouté.

Google a promis de ne pas utiliser les données Fitbit sur la santé et le bien-être pour les annonces Google, mais le rachat a suscité des inquiétudes de la part des groupes de consommateurs et de la commission australienne de la concurrence.

Position dominante

La Commission européenne dispose désormais de 90 jours ouvrables, jusqu'au 9 décembre, pour mener l'enquête et décider d'imposer de nouvelles conditions à Google.

Bruxelles a reconnu que l'entreprise avait créé un silo de données pour séparer les données de santé des utilisateurs de ses plates-formes publicitaires. Mais il a averti, « que l'engagement de silo de données proposé par Google est insuffisant pour écarter clairement les doutes sérieux identifiés à ce stade sur les effets de la transaction. »

Entre autres, « c'est parce que le remède au silo de données ne couvrait pas toutes les données auxquelles Google aurait accès à la suite de la transaction et serait précieuse à des fins publicitaires », indique le communiqué.

Réagissant à cette décision, le vice-président senior de Google, Rick Osterloh, a déclaré dans un article de blog de l'entreprise que l'entreprise avait acheté Fitbit pour mettre la main sur la technologie portable, et non sur les données de fitness de ses utilisateurs.

«Cet accord concerne les appareils, pas les données. Nous avons clairement indiqué dès le début que nous n'utiliserions pas les données de santé et de bien-être Fitbit pour les annonces Google », a-t-il déclaré.

«Nous avons récemment proposé de prendre un engagement juridiquement contraignant envers la Commission européenne concernant notre utilisation des données Fitbit», a ajouté Osterloh.

Et il a fait valoir qu'il y avait déjà «une concurrence dynamique en matière de montres intelligentes et de trackers de fitness, avec Apple, Samsung, Garmin, Fossil, Huawei, Xiaomi et bien d'autres proposant de nombreux produits».

L'annonce d'une enquête approfondie ne signifie pas nécessairement que la Commission européenne prendra des mesures contre Google, mais elle s'est souvent attaquée aux géants américains de la technologie dans le passé.

Depuis qu'elle est devenue commissaire en 2014, Vestager a giflé Google avec environ 8 milliards d'euros d'amendes antitrust, l'accusant d'abuser de sa position dominante dans la publicité et le système d'exploitation des smartphones Android.

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