L'UE autorise la création du deuxième plus grand constructeur de trains au monde – EURACTIV.fr

L'UE autorise la création du deuxième plus grand constructeur de trains au monde – EURACTIV.fr

31 juillet 2020 0 Par Village FSE

Vendredi 31 juillet, la Commission européenne a approuvé une fusion entre le constructeur ferroviaire français Alstom et la branche ferroviaire de la société canadienne Bombardier, définissant ainsi un certain nombre de critères de concurrence.

À la suite d’une enquête sur la façon dont le rapprochement prévu affecterait le marché ferroviaire européen, la Commission a donné son approbation après qu’Alstom et Bombardier aient notifié un certain nombre de concessions que les entreprises étaient disposées à faire.

Selon l'exécutif européen, le plan de fusion initial n'était pas conforme aux principes de la concurrence car il aurait accaparé le marché ferroviaire à très grande vitesse et fait de la nouvelle entreprise un acteur trop important en France et en Allemagne.

Mais la volonté de se désengager d'actifs clés, y compris les installations de production en France et en Allemagne, le refus de la collaboration de Bombardier avec le japonais Hitachi – qui est actif en Italie – et les assurances liées aux systèmes de signalisation se sont avérés suffisants pour convaincre Bruxelles des mérites de la fusion. .

Cela aura cependant un prix, car l'usine d'Alstom à Reichshoffen, en France, fait partie de l'accord de cession. L'installation, qui construit principalement des trains régionaux, emploie quelque 800 travailleurs. Les syndicats français avaient exhorté l'entreprise à ne pas abandonner le site.

L'accord n'inclura pas d'engagement d'achat initial pour les usines en question.

«Grâce aux solutions globales proposées pour résoudre les problèmes de concurrence dans les domaines des trains à très grande vitesse et de la signalisation des grandes lignes, la Commission a été en mesure d'examiner et d'approuver rapidement cette transaction», a déclaré la chef de la concurrence, Margrethe Vestager.

«La décision de la Commission est conditionnée au plein respect des engagements», a déclaré l’institution dans un communiqué.

Vestager a déjà prouvé qu'elle était prête à rompre tout lien qui pourrait tomber sous le coup des règles de l'UE, même si elles sont politiquement chargées. Début 2019, ses services ont constaté que la fusion prévue d'Alstom avec Siemens n'était pas légale.

Les deux sociétés avaient affirmé qu’elles devaient unir leurs forces afin de concurrencer le CRRC de Chine, le plus grand constructeur de trains au monde. Le fonctionnaire danois a conclu que l'impact sur la concurrence intérieure était tout simplement trop important pour être autorisé.

Cela a irrité les gouvernements français et allemand – qui ont poussé à la création de «champions européens» – et les a incités à demander une révision de la manière dont la Commission évalue les fusions.

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, s'est félicité cette fois de Bruxelles, affirmant que la décision était «bonne nouvelle pour l’industrie ferroviaire européenne, qui doit rester à la pointe de l’innovation. »

Alstom-Siemens aurait été le deuxième constructeur de trains au monde, un exploit qui devrait désormais être réalisé par la fusion Bombardier, qui pourrait valoir plus de 6 milliards d'euros.

La branche ferroviaire du géant industriel canadien et ses installations basées en Europe s'inscriront dans les plans d'Alstom visant à accroître l'échelle et à élargir les faibles marges bénéficiaires associées au matériel roulant, au-delà de son produit le plus connu, le train à grande vitesse TGV.

Alstom et Bombardier ont salué le feu vert de la Commission, déclarant dans une déclaration commune que «les cessions seront conformes à tous les processus sociaux applicables et aux consultations avec les organes de représentation des employés.»

Les entreprises ont ajouté que l'approbation des régulateurs dans d'autres régions est toujours en attente et qu'elles ne prévoient d'achever l'acquisition qu'au début de 2021.

(Edité par Samuel Stolton)

Six points à retenir du rejet de Siemens-Alstom

La Commission européenne a décidé mercredi 6 février de bloquer la fusion de Siemens et d'Alstom, destinée à créer un champion européen du secteur ferroviaire, en raison de l'impact négatif qu'elle aurait sur le marché européen et les consommateurs.