L'investissement social ne peut être laissé pour compte dans le Fonds pour une transition juste – EURACTIV.com

L'investissement social ne peut être laissé pour compte dans le Fonds pour une transition juste – EURACTIV.com

16 octobre 2020 0 Par Village FSE

En tant que décideurs politiques, notre tâche est de faire en sorte que personne ne soit laissé pour compte dans la transition énergétique et que l'effort de transition soit équitablement partagé, écrit Mounir Satouri.

Mounir Satouri est un membre français du Parlement européen du groupe Verts / ALE. Il est le rapporteur de l’avis de la commission de l’emploi du Parlement sur le Fonds pour une transition juste.

C'est ce que la Commission a exposé lorsqu'elle a lancé sa proposition de Fonds pour une transition juste en janvier 2020.

Aujourd'hui, près de 10 mois plus tard, les négociations en trilogue interinstitutionnel doivent viser un fonds qui œuvre pour lutter contre la crise climatique tout en aidant les régions, les communautés et les individus à s'adapter et à prospérer dans l'économie verte.

Avec mes collègues membres de la commission EMPL du groupe Verts / ALE, Kira Peter-Hansen et Katrin Langensiepen, j'ai cosigné une lettre à la présidence allemande du Conseil décrivant trois mesures sociales fondamentales à respecter dans le cadre des négociations en trilogue sur le Fonds pour une transition juste.

Malgré la taille globale limitée du Fonds pour une transition juste, nous pensons qu'un soutien égal doit être accordé aux investissements économiques verts en ce qui concerne les investissements dans les infrastructures sociales et les besoins des individus des régions en transition.

Le soutien au capital humain, comme des programmes de renforcement et de recyclage des travailleurs et des chômeurs, fait partie intégrante d'une transition vraiment juste pour les travailleurs et les régions. Ils doivent être des priorités clés au sein du fonds.

L'investissement doit inclure les groupes vulnérables dans les mesures destinées aux demandeurs d'emploi.

Les marchés du travail sont inclusifs lorsque toute personne en âge de travailler peut participer à un travail rémunéré.

Dans les régions déjà économiquement défavorisées, les mesures de soutien, de formation et de recyclage doivent s'adresser à toutes les personnes, y compris celles à la recherche d'un emploi qui sont déjà marginalisées.

Une attention particulière aux groupes vulnérables, tels que les chômeurs de longue durée, les jeunes, les personnes handicapées ou les parents isolés, est primordiale pour assurer une transition équitable.

Les investissements doivent être orientés vers la création ou l'entretien d'infrastructures sociales au sein des régions.

L'infrastructure sociale joue un rôle essentiel dans l'activité économique et le bien-être social. Ce sont les atouts nécessaires au bon fonctionnement de nos sociétés. Au-delà du travail, c'est ce qui donne aux gens des raisons de rester dans une communauté. Lorsque ces services cessent d'exister, cela cause des dommages durables.

Des écoles et hôpitaux aux réseaux de transport, en passant par la collecte des déchets, les crèches, les activités périscolaires ou sportives pour les jeunes; chaque région doit pouvoir demander un financement en fonction des besoins et des spécificités locales.

Il faut également investir dans la lutte contre la précarité énergétique.

Environ 40% des émissions de gaz à effet de serre proviennent des bâtiments et le logement a un impact énorme sur l'environnement.

Non seulement les familles ou les personnes vivant dans des logements de mauvaise qualité souffrent de problèmes de santé liés à la surchauffe ou au refroidissement, mais la précarité énergétique augmente également les inégalités de revenus. Le Fonds pour une transition juste peut jouer un rôle dans l'augmentation de la justice sociale et l'amélioration de l'efficacité énergétique des maisons.

Les métiers liés à la rénovation thermique offrent l'opportunité de développer une «ingénierie verte» dans le BTP. En outre, de par leur nature même, les emplois créés ne peuvent être délocalisés et ciblent largement les segments de la population les plus touchés par des taux de chômage élevés.

Une transition verte et sociale

Notre groupe, comme en témoigne son vote lors de la plénière du PE en septembre, continuera de plaider en faveur d'un Fonds pour une transition juste entièrement basé sur des sources d'énergie propres et renouvelables et exhorte le Conseil et la Commission à maintenir cette approche respectueuse du climat conformément à la Le droit européen du climat dans les trilogues en cours, définissant un critère à suivre pour le Parlement européen.

Au milieu d'une urgence climatique et de la reprise du COVID-19, l'UE doit chercher à répondre aux besoins des personnes et de la planète dans la transition. Une transition juste ne peut rester un simple mot à la mode. Pour beaucoup, la crise sanitaire actuelle a rendu plus claires que jamais les inégalités sociales et la nécessité de repenser nos modèles économiques.

Les manifestations des gilets jaunes contre la hausse des prix des carburants en France ont montré que la transition écologique ne peut se faire sans l'adhésion et l'engagement des citoyens. En Allemagne, pays européen pionnier de la transition énergétique, de nombreux jeunes citoyens ont appelé à des mesures de protection du climat et de l'environnement socialement équitables.

Le Fonds pour une transition juste peut et doit faire partie de la solution. En tant que Verts, nous réitérons nos appels à une transition énergétique verte et socialement juste.