Les vertus apaisantes du patrimoine culturel

Les vertus apaisantes du patrimoine culturel

10 juillet 2020 0 Par Village FSE

La pandémie de COVID-19 a durement frappé les différentes composantes du vaste monde des secteurs et des industries culturelles et créatives. Pour le seul patrimoine culturel, des dizaines de milliers de sites et de musées ont dû fermer leurs portes et des millions d'emplois ont été menacés. Et pourtant, bien que le monde du patrimoine culturel soit confronté à une période de difficultés prolongée, il a également un énorme potentiel pour soutenir la relance de l’Europe en réponse à la crise sans précédent et en cours.

Avec ses multiples valeurs pour nos sociétés, nos économies et l’environnement en général, le patrimoine culturel a, en fait, des liens directs avec toutes les priorités clés actuelles de l’UE, du Green Deal européen et de l’action climatique associée à la transformation numérique de l’Europe; de la nouvelle stratégie en matière de compétences et de la création indispensable d'emplois de qualité à la cohésion sociale et à la transition en douceur des villages, villes et régions d'Europe; et du besoin urgent de concevoir une industrie touristique plus durable à l'exigence tout aussi urgente d'investir massivement dans nos systèmes de santé.

Dans ce contexte, les opportunités offertes par le plan de relance de la Commission, lancé le 29 mai, et le nouveau programme REACT-UE offriront sans aucun doute de nouvelles perspectives aux organisations liées au patrimoine opérant aux niveaux régional et local.

En allant plus loin, il existe deux autres domaines dans lesquels le patrimoine culturel peut offrir un potentiel inexploité, qui revêtira une importance particulière dans les mois à venir. Le premier concerne la transformation de nos sociétés, une demande qui a souvent été formulée pendant les semaines de détention et centrée sur les notions de résilience et de bien-être.

Comment renforcer des relations plus justes et plus tolérantes entre les peuples et comment mettre en avant les valeurs fondamentales que nos sociétés s'efforcent depuis si longtemps de promouvoir? Ces éléments sont à la base de l'ensemble du projet européen et de notre bien-être individuel et collectif, à la fois partagés et mis en valeur par notre histoire commune et affichés à travers nos innombrables sites patrimoniaux. C’est, à notre avis, ce qui définit le mieux le «mode de vie européen» – le titre du portefeuille de l’un des vice-présidents de la Commission.

La deuxième question est liée au débat à venir sur l'avenir de l'Europe, qui devait être lancé à Dubrovnik le jour de l'Europe, mais a été reporté pour des raisons évidentes jusqu'à l'automne. Réfléchir sur l'avenir du projet européen est une nécessité urgente à la lumière de la montée du populisme, des menaces à la démocratie et à l'État de droit, et du retour des mouvements extrémistes dans de nombreux pays européens.

Pour réussir, le débat devra dûment intégrer la voix de la société civile européenne. Là encore, en tant que l'un des domaines qui rassemblent les gens, la société civile est attachée au patrimoine culturel et peut apporter une précieuse contribution à ce dialogue. Aucune discussion sérieuse sur l’avenir du continent européen et son rôle dans le monde ne pourrait être menée sans aborder les questions de la mémoire et de la culture partagées de l’Europe qui constituent un atout à la fois pour la qualité de vie de ses citoyens et pour son attrait touristique.

Comme l'a démontré le Manifeste de l'Alliance européenne du patrimoine présenté à l'occasion de la Journée de l'Europe, le patrimoine culturel est en effet un puissant catalyseur pour l'avenir de l'Europe et peut contribuer à l'objectif plus large d'un environnement plus vert, plus durable, plus cohérent et inclusif, et surtout, Europe davantage axée sur la valeur.

En ce moment de changement très intense dans nos sociétés et dans l’environnement géopolitique mondial, il est temps de revenir sur les fondements du projet européen, les valeurs qu’il nourrit et les forces qui nous unissent.

Il est donc temps pour les dirigeants européens de placer la culture et le patrimoine culturel là où ils appartiennent réellement: au cœur même de notre effort collectif européen.