Les pénuries de médicaments affectent la santé des citoyens européens depuis trop longtemps

Les pénuries de médicaments affectent la santé des citoyens européens depuis trop longtemps

31 juillet 2020 0 Par Village FSE

Le rapport NI du 14 juillet sur la pénurie de médicaments a été approuvé par la commission ENVI du Parlement européen, s'attaquant aux causes profondes des pénuries de médicaments et appelant à des réponses appropriées à différents niveaux. Malheureusement, il y a encore trop de patients en Europe qui ne peuvent pas accéder au traitement parce que les médicaments dont ils ont besoin ne sont pas disponibles. Par conséquent, une réponse à l'échelle de l'UE est attendue depuis longtemps par les patients, les chercheurs, les médecins et le secteur privé.

Le rapport est le résultat de négociations intenses et très délicates entre différents groupes politiques, qui ont également été compliquées par un calendrier très serré. Dans l'ensemble, le texte est un appel équilibré et complet du Parlement européen à aborder cette question très sensible.

De manière générale, certains résultats importants ont été inclus dans ce dossier, notamment le droit réaffirmé aux soins de santé pour tous, le renforcement du rôle des agences européennes chargées de la santé publique et la confirmation du rôle fondamental de la recherche et de l'innovation.

Plus spécifiquement, concernant les pénuries, le rapport réaffirme la nécessité de s'attaquer aux causes profondes des pénuries de médicaments et appelle à une réponse plus efficace de l'UE pour faire face à ce problème très complexe. Tous les principaux groupes politiques sont convenus dès le départ que ce problème ne peut être résolu par des actions individuelles au niveau national et qu'une initiative plus coordonnée des autorités de l'UE sera donc nécessaire.

Ces dernières années, il est apparu clairement qu '«aucun État membre n'est autosuffisant en ce qui concerne les matières premières, les intermédiaires, les ingrédients pharmaceutiques actifs (IPA) et les médicaments finis nécessaires pour garantir le bon fonctionnement du système de santé», comme le être lu dans le texte qui vient d’être approuvé. Par conséquent, une action de l'UE est nécessaire pour restaurer l'indépendance européenne en matière de médicaments et de traitements, par exemple en ramenant la production de nombreuses API pour lesquelles l'UE est désormais dépendante des choix stratégiques d'autres pays avec l'objectif de rendre les médicaments disponibles. , abordable, durable et également accessible à tous dans l'UE, quel que soit leur pays de résidence.

Pour ce faire, le mot-clé de ce rapport est la responsabilité. Responsabilité des autorités nationales, qui doivent fournir un environnement réglementaire efficace et planifier à l'avance en termes de prévention des carences. Le rapport exige que la Commission et l'EMA aient un rôle de coordination renforcé, avec des pouvoirs précis, un mandat plus large et un personnel renforcé.

Dans le même temps, le rapport énonce clairement la responsabilité du secteur privé. qui doit faire sa part et le faire mieux. Les sociétés pharmaceutiques, les titulaires d'autorisations de mise sur le marché et les distributeurs en gros ont une responsabilité fondamentale dans le bon fonctionnement de la chaîne d'approvisionnement. Tout en rappelant l'importance des dispositions incluses dans la directive 2001/83, le rapport critique les «disparités observées par la Commission dans la transposition de ces obligations dans la législation nationale» et demande à la Commission de veiller à ce que les titulaires d'autorisations de mise sur le marché et les distributeurs en gros se conformer aux exigences de la directive pour assurer un approvisionnement approprié et continu en médicaments, tout en demandant des «sanctions dissuasives et proportionnées en cas de non-conformité».

Un autre point très important est la demande de plans de prévention des pénuries et de gestion des risques à préparer par les acteurs concernés afin de mieux se préparer à un éventuel risque de pénurie, en particulier pour les médicaments pour lesquels aucune alternative n'existe pour le moment.

L'activation de plans d'urgence, qui peuvent servir d'outil d'alerte rapide et opportun sur le risque de pénurie – actuelle ou potentielle – de certains médicaments, pourrait être utile pour limiter au maximum les carences. Ces plans pourraient aider à fournir une image constamment mise à jour de la disponibilité de certains médicaments en Europe et pourraient être vitaux pour que les autorités publiques prévoient une intervention rapide en cas de risques de pénurie.

En outre, le rapport demande que la question du stockage au niveau des États membres soit abordée au niveau de l'UE. Nous ne pouvons pas permettre aux États membres de se déplacer librement sur une question aussi sensible, sans coordination et peut-être en se faisant concurrence, et cela a été inclus dans le texte.

Pour conclure, nous savons, malheureusement, que les pénuries de médicaments ont un impact direct sur la santé des patients, sur leur sécurité, la poursuite de leur traitement et leur espérance de vie, mettant en danger la vie de trop de personnes en Europe.

Les pénuries de médicaments affectent la santé des citoyens européens depuis trop longtemps déjà, mais la crise du COVID a aggravé les difficultés à ce sujet. La récente crise a démontré une fois de plus l'importance d'une Europe forte capable de protéger ses citoyens, même dans le domaine de la santé.

En ce sens, le groupe socialiste et démocrate a proposé un plan global pour la création d'une véritable Union européenne de la santé, un plan qui renforcerait la capacité de l'UE à protéger ses citoyens également en matière de santé. C'est pour nous l'objectif final, mais nous pouvons considérer ce premier rapport sur les pénuries comme un premier pas concret dans la bonne direction pour construire une Europe plus sûre et plus juste pour tous.