Le turc Erdogan demande des pourparlers pour désamorcer le conflit avec la Grèce – EURACTIV.fr

Le turc Erdogan demande des pourparlers pour désamorcer le conflit avec la Grèce – EURACTIV.fr

11 août 2020 0 Par Village FSE

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé au dialogue lundi 10 août, tout en poursuivant un plan controversé de développement du gaz méditerranéen qui a scandalisé la Grèce et alarmé l'OTAN et l'UE.

La dispute naissante sur les réserves présumées dans l'est de la mer Méditerranée oppose un éventail de puissances régionales dans une confrontation observée avec inquiétude à Bruxelles et à Washington.

La Turquie a dépêché lundi un navire de recherche dans la région – trois jours seulement après qu'Erdogan se soit dit fatigué d'attendre le résultat des pourparlers sporadiques qui se sont tenus le mois dernier avec la Grèce et l'Allemagne, la puissance de l'UE.

L’arrivée du navire dans une zone controversée près de l’île de Meis (Kastellorizo ​​en grec) a incité lundi le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis à s’entretenir avec ses chefs militaires.

Mitsotakis n’a pris aucune mesure, mais le ministère grec des Affaires étrangères a qualifié l’arrivée du navire de «grave escalade» qui «a révélé» le «rôle déstabilisateur» de la Turquie.

Erdogan a émis une note légèrement plus conciliante après une réunion avec ses propres ministres plus tard lundi. «Rassemblons-nous tous en tant que pays méditerranéens et trouvons une formule qui protège tous nos droits», a déclaré Erdogan dans un discours national.

Mais a ajouté: « Nous ne pouvons pas permettre (aux nations) d'ignorer un grand pays comme la Turquie et d'essayer de nous emprisonner sur nos côtes. »

Alarme OTAN et UE

Le différend attise les tensions régionales de longue date qui ont éclaté à nouveau avec le conflit militaire en Libye.

Erdogan a déclaré le mois dernier qu'il «suspendait» l'exploration gazière pour donner du temps aux discussions avec la Grèce et le président actuel du Conseil de l'UE, l'Allemagne.

Mais l'ambiance s'est détériorée lorsque la Grèce et l'Égypte – rivales de la Turquie en Libye – ont signé la semaine dernière un accord pour créer une zone économique exclusive dans la région. Le ministère turc des Affaires étrangères a déclaré que le «soi-disant accord maritime» était «nul et non avenu».

Le navire turc Oruc Reis prévoit de mener des recherches sismiques à l’extrême est de la juridiction maritime grecque.

La zone est proche de la Turquie mais appartient à la Grèce en vertu du droit international.

La Turquie dit que les règles sont injustes puisque la Grèce n'a des droits sur les eaux qu'en raison de quelques petites îles qui étendent sa portée légale.

L'Union européenne semble être du côté de la Grèce dans le différend. Le chef de la politique étrangère du bloc, Josep Borrell, a qualifié dimanche les actions de la Turquie d '«extrêmement inquiétantes» et de recette pour «un plus grand antagonisme et une plus grande méfiance».

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a appelé au respect du droit international lors de ses entretiens lundi avec le Premier ministre grec.

«La situation doit être résolue dans un esprit de solidarité alliée et conformément au droit international», a tweeté Stoltenberg après s'être entretenu avec Mitsotakis.