Le rôle du logement dans la transition verte de l'Europe – EURACTIV.fr

Le rôle du logement dans la transition verte de l'Europe – EURACTIV.fr

3 juillet 2020 0 Par Village FSE

Quel investissement pourrait être plus sage que celui qui protège les plus vulnérables et contribue à l'atténuation du changement climatique en diminuant notre consommation d'énergie? Le Fonds pour une transition juste doit reconnaître le logement comme une pierre angulaire de la transition verte, soutiennent deux députés européens de premier plan et des dirigeants de la société civile.

Mounir Satouri est le rapporteur de la commission de l’emploi sur le Fonds pour une transition juste; Manuel Pizarro est l'ombre du groupe socialiste et démocrate sur le Fonds de transition juste; Freek Spinnewijn est le directeur de la FEANTSA; Rick Hathaway est vice-président d'Habitat pour l'humanité internationale; Manuel Domergue est directeur des études à la Fondation Abbé Pierre.

La proposition de la Commission européenne d'un nouvel instrument de récupération, UE nouvelle génération, révèle une audacieuse ambition européenne de se remettre de la crise du COVID-19, de relancer le projet européen et d'embrasser les transitions verte et numérique, vers une «restauration du tissu social».

Nous soutenons que pour que cette ambition devienne réalité, le logement doit être la pierre angulaire de la reprise. À cette fin, le Fonds pour une transition juste et la prochaine vague de rénovation doivent être conçus de manière à lutter contre les mauvaises conditions de vie et la pauvreté grâce à une rénovation soigneusement calibrée et ciblée qui combine des objectifs sociaux et d'atténuation du changement climatique.

Le renforcement du Fonds pour une transition juste, à travers un financement supplémentaire de 32,5 milliards d'euros provenant du paquet de relance, ainsi que 10 milliards supplémentaires du budget 2021-2027 et 10 milliards d'euros de prêts de la Banque européenne d'investissement, vise à au moins 150 milliards d'euros disponibles pour des investissements dans la transition juste.

Cette augmentation proposée est non seulement une nécessité mais aussi une opportunité: les investissements publics dans la relance doivent aller au-delà des investissements dans les «territoires» pour atteindre les conditions de vie des populations.

Étant donné que les bâtiments et le parc de logements existants représentent environ 35% des émissions de CO2 dans l'UE, l'atténuation du changement climatique exige que le logement soit un élément central de la transition verte.

Mais pour que la «reprise verte» ne laisse véritablement personne de côté, il faudra reconnaître et traiter explicitement, au-delà de l'impact de la covid-19, les risques sociaux que constitue la transition verte, notamment dans le contexte du logement.

Les ménages à faible revenu, ceux qui sont mal logés et ceux qui vivent dans la précarité énergétique sont particulièrement vulnérables dans le contexte de la transition. Ils sont plus exposés à l'impact de l'augmentation des prix de l'énergie ou des loyers et sont souvent moins susceptibles de recourir aux mécanismes de soutien social existants pour lutter contre la pauvreté énergétique.

De plus, ce sont souvent eux qui risquent de perdre un emploi lié aux combustibles fossiles. Le Fonds pour une transition juste doit les soutenir directement en fournissant un soutien financier pour améliorer les conditions de vie, grâce à des améliorations écoénergétiques, en particulier pour les groupes à faible revenu, tant dans le logement social que dans les logements privés à faible revenu.

Cela contribuerait également à la création de nouvelles possibilités de formation et d'emploi au niveau local.

La stratégie de relance propose que les investissements soient guidés par le semestre européen. Sachant que plusieurs États membres ont reçu des recommandations par pays mentionnant le manque de logements (abordables), l'investissement dans le logement est une preuve, à commencer par la réhabilitation de logements inadéquats comme base pour l'amélioration des conditions de vie des 50 millions de personnes confrontées à la pauvreté énergétique .

Faire face au risque d'être laissé pour compte dans la transition climatique ne concerne pas seulement le risque de perdre son emploi, mais aussi le risque de se voir refuser les avantages sociaux, économiques et sanitaires de l'énergie plus propre et plus abordable de l'énergie économe en énergie et un logement convenable.

Sans les types d'interventions spécifiques et ciblées que le Fonds pour une transition juste pourrait permettre, de nombreuses personnes dans les régions cibles qui vivent dans de mauvaises conditions de logement et connaissent une précarité énergétique seront de plus en plus laissées pour compte.

La transition juste, à la fois comme concept et comme instrument de financement, doit pleinement intégrer cette vision plus large et plus inclusive de ce qui constitue la justice climatique.

Des investissements à grande échelle sont nécessaires pour relancer les économies européennes. Assurons-nous que cet emprunt envers la génération future en vaut la peine et qu'il est judicieusement investi. Quel investissement pourrait être plus sage que celui qui protégera nos plus vulnérables et contribuera à l'atténuation du changement climatique par la diminution de notre consommation d'énergie?