Le roi belge a une autre chance de former un gouvernement – POLITICO

Le roi belge a une autre chance de former un gouvernement – POLITICO

31 juillet 2020 0 Par Village FSE

Le roi de Belgique Philippe espère sortir vendredi de l'impasse politique en Belgique en nommant officiellement les présidents des deux plus grands partis politiques du pays pour entamer des pourparlers de coalition.

Mais plus d'un an après les élections belges de mai 2019, il n'est pas certain qu'il réussira cet objectif apparemment modeste.

La semaine dernière, le roi a demandé à Bart De Wever du parti nationaliste flamand N-VA et à Paul Magnette du Parti socialiste francophone de commencer à se parler et à d'autres présidents de parti des scénarios possibles.

Vendredi après-midi, les deux feront rapport au roi pour la première fois, a confirmé un porte-parole du palais. Le roi dirige traditionnellement les discussions gouvernementales en Belgique.

Les deux parties ont hésité à coopérer dans le passé, car elles sont en désaccord sur presque tout, de la politique migratoire et de la réforme économique à, de manière critique, l'avenir de la Belgique.

Le Mouvement Réformateur a beaucoup à perdre, puisqu'il est désormais le seul parti francophone du gouvernement, qu'il contrôle également avec la première ministre Sophie Wilmès.

La pandémie et l'impasse politique durable ont changé cela, cependant. La Belgique n'a pas eu de gouvernement pleinement opérationnel depuis décembre 2018 et la collaboration entre les archivistes politiques du pays pourrait être la seule issue.

Mais on ne sait pas encore si les deux parties ont fait des progrès suffisants pour que le roi tire le coup de feu et leur demande officiellement de former un gouvernement.

Les discussions avec les libéraux sont particulièrement difficiles, a déclaré une personne proche des pourparlers. Les libéraux francophones du Mouvement Réformateur (MR) et les libéraux néerlandophones d'Open VLD ont accroché leur avenir l'un à l'autre.

Les deux ont des raisons d'être réticents. Le MR a beaucoup à perdre, puisqu'il est désormais le seul parti francophone du gouvernement, qu'il contrôle également avec la première ministre Sophie Wilmès.

Open VLD craint que les nationalistes flamands concluent un accord avec les socialistes francophones et troquent une réforme constitutionnelle pour une politique économique plus à gauche. «Racheter la réforme de l'État avec un sac d'argent et une politique économique de gauche? Nous n'allons pas accepter cela », a déclaré Egbert Lachaert, président du parti Open VLD.

Jeudi, les libéraux ont remis leur liste de revendications à De Wever et Magnette. Ils comprennent des réformes du marché du travail, une trajectoire budgétaire et des revendications sur la mise en œuvre de la future réforme de l'État, selon une personne informée des négociations.

Reste à voir si De Wever et Magnette peuvent convaincre les libéraux de monter à bord. La pression monte sur chacun des acteurs impliqués.

La pandémie ne fait qu'ajouter à cette pression. La Belgique est aux prises avec une recrudescence des cas de coronavirus, notamment à Anvers, où De Wever est maire.

La crise a révélé les faiblesses du système belge, la santé étant une compétence partagée entre les gouvernements fédéral et régionaux. Un plan de rétablissement post-pandémie bénéficierait également d'un gouvernement fédéral pleinement opérationnel. Étant donné que le puzzle post-électoral de la Belgique semblait presque impossible dès le premier jour, certains politiciens considèrent ce tour comme la dernière chance.