Le coronavirus retarde les projets européens de fusées spatiales – EURACTIV.fr

Le coronavirus retarde les projets européens de fusées spatiales – EURACTIV.fr

30 mai 2020 0 Par Village FSE

L'Agence spatiale européenne (ESA) ne lancera pas sa nouvelle génération de fusée spatiale, l'Ariane 6, en 2020 en raison de l'impact de l'épidémie de coronavirus. Les restrictions de voyage et les mesures de verrouillage ont rétabli le calendrier initial de l'agence.

Ariane 6 devait décoller pour la première fois à la fin de cette année, mais ses débuts devront attendre 2021, a déclaré jeudi 28 mai un haut responsable de l'ESA.

« Nous pouvons affirmer avec certitude que le lancement n'aura pas lieu en 2020 », a déclaré à l'AFP le directeur des transports spatiaux de l'agence, Daniel Neuenschwander.

Le cycle de développement du véhicule spatial a été particulièrement exposé aux pires effets de l'épidémie de virus, étant donné que le projet s'étend sur 13 pays différents et s'appuie sur un réseau de plus de 600 entreprises.

L'ESA n'a pas été en mesure de fournir une date de lancement reportée.

L’agence exploite ses fusées Ariane 5 et Vega à partir d’un port spatial en Guyane française, où des travaux sont en cours pour adapter le site aux besoins spécifiques d’Ariane 6. Cependant, des mesures de verrouillage ont été imposées le 16 mars et les employés commencent à peine à rentrer.

Ariane 6 est une mise à niveau en termes de capacité de charge et de coûts, grâce à des processus de production plus efficaces visant à permettre à l'ESA une plus grande flexibilité dans la réalisation des missions. Mais contrairement aux fusées Falcon de SpaceX, elle ne sera pas réutilisable.

Le programme de fusées Ariane a mis environ 50% des satellites commerciaux du monde en orbite depuis sa création à la fin des années 1970, brisant ainsi le monopole américain sur l'industrie.

Plus tôt dans l'année, la Commission européenne et la Banque européenne d'investissement ont convenu de financer le projet Ariane avec 100 millions d'euros de financement, qui dépendra du fait que le programme dégagera des bénéfices une fois qu'il sera pleinement opérationnel.

Le premier lancement n'est pas le premier des plans ambitieux de l'agence spatiale à être retardé par des pressions induites par des virus. Une mission sur Mars qui consiste à mettre un rover à la surface de la planète rouge a été repoussée de cette année à 2022.

La mission «La vie sur Mars» de l'Europe reportée à 2022

L'Agence spatiale européenne et son partenaire russe, Roscosmos, ont annoncé jeudi 12 mars qu'un projet de mission sur Mars serait reporté, le blâmant d'un mélange de gremlins techniques et de l'épidémie de coronavirus.

Il s'agit d'une semaine décevante pour l'industrie spatiale, après que le premier lancement en équipage de la NASA depuis le sol américain en près d'une décennie a été frotté en raison du mauvais temps. Une autre tentative est prévue samedi.

Le secteur européen a également vu la Commission couper près de 3 milliards d'euros des finances proposées par la politique spatiale dans le cadre d'une nouvelle offre budgétaire à long terme.

L'exécutif européen avait initialement prévu 16 milliards d'euros pour la politique spatiale et semblait prêt à conserver sa confiance dans le secteur après avoir créé pour la première fois un département dédié. Cependant, la dernière proposition montre qu'il y a des priorités plus importantes ailleurs.

Et ce malgré le fait que de hauts fonctionnaires de toute l'industrie ont écrit à la Commission la semaine dernière pour réitérer le potentiel économique des industries spatiales. Des technologies comme les systèmes à satellites Galileo et Copernicus ont contribué à créer un marché de plus de 60 milliards d'euros, ont-ils souligné.

L’année dernière, les États membres de l’ESA ont choisi d’accorder à l’agence un budget plus important que celui demandé.

(Sous la direction de Frédéric Simon)