Le conseil d'administration de Lufthansa recule devant les conditions du sauvetage de l'UE – EURACTIV.fr

Le conseil d'administration de Lufthansa recule devant les conditions du sauvetage de l'UE – EURACTIV.fr

30 mai 2020 0 Par Village FSE

Le conseil d'administration de la compagnie aérienne allemande Lufthansa a refusé d'accepter les conditions d'un paquet d'aide de 9 milliards d'euros mercredi 27 mai, citant l'exigence rapportée par la Commission européenne que le transporteur cède des créneaux aéroportuaires dans deux de ses principaux hubs.

Les dirigeants de Lufthansa sont parvenus à un accord de sauvetage avec le gouvernement allemand lundi 25 mai, qui a encore besoin à la fois du conseil de surveillance et de l'approbation de l'UE pour que les paiements commencent à couler.

Dans ce qui est le plus important plan de sauvetage de compagnies aériennes à ce jour en Europe, Berlin a accepté de prendre une participation importante dans l'entreprise afin de l'aider à survivre à l'effondrement de la demande de voyages en avion provoqué par l'épidémie de coronavirus.

Hier, le conseil d’administration de la compagnie aérienne a retardé sa décision sur le paquet de 9 milliards d’euros, déclarant dans un communiqué que les termes de la Commission « doivent être analysés de manière approfondie » avant d’obtenir l’approbation.

«Le conseil de surveillance a pris connaissance des conditions actuellement indiquées par la Commission européenne. Cela conduirait à un affaiblissement de la fonction de hub dans les aéroports d'origine de Lufthansa à Francfort et Munich », indique le communiqué de la compagnie aérienne.

Le renflouement du virus de 9 milliards d'euros de Lufthansa obtient la bénédiction de Berlin

La compagnie aérienne allemande Lufthansa a scellé un programme d'aide de 9 milliards d'euros lundi 25 mai, alors que le gouvernement acceptait d'accorder des prêts et des mesures de stabilisation en échange d'une participation de 20% dans le transporteur, avec la possibilité de passer à une minorité de blocage si nécessaire.

Selon les médias, l'exécutif européen souhaite que Lufthansa abandonne de manière permanente 72 de ses créneaux lucratifs de décollage et d'atterrissage dans les deux aéroports. La compagnie aérienne serait, semble-t-il, disposée à l’envisager si la cession n’était qu’une mesure temporaire.

Le conseil d'administration a déclaré qu'ils devaient délibérer davantage sur «l'impact économique qui en résulterait sur l'entreprise et sur le remboursement prévu des mesures de stabilisation, ainsi que sur les scénarios alternatifs possibles».

Mais le communiqué a ajouté que la compagnie aérienne « continue de considérer les mesures de stabilisation du FSM (le fonds de sauvetage du gouvernement allemand) comme la seule alternative viable pour maintenir la solvabilité », suggérant en outre qu'un accord est toujours possible.

Un porte-parole de la Commission a déclaré à EURACTIV que l'institution n'avait aucun commentaire sur des cas spécifiques d'aides d'État, mais a reconnu qu'aucune notification officielle de l'accord de sauvetage n'avait encore été faite.

Le ministre allemand de l'Économie, Peter Altmaier, a déclaré qu'il était « non seulement dans l'intérêt de l'Allemagne, mais aussi dans l'intérêt de l'UE d'éviter une liquidation des intérêts stratégiques dans le secteur industriel à la suite de cette pandémie ».

Selon les termes du paquet, le gouvernement prendrait une part de 20% dans l'entreprise, qui augmenterait à 25% plus une part en cas d'offre publique d'achat hostile. Berlin s'est seulement engagée à utiliser ses droits de vote dans ce scénario particulier.

Le gouvernement nommerait également deux représentants indépendants au conseil de surveillance.

La filiale de Lufthansa, Brussels Airlines, pourrait également tomber sous le coup des services de concurrence de l'UE. Selon De Tijd, l’insistance du gouvernement belge à obtenir un siège au conseil en échange de près de 300 millions d’euros d’aide n’est pas conforme aux règles en matière d’aides d’État.

Même les nouvelles règles assouplies du bloc en matière d’aides d’État, mises en œuvre pour aider les pays à faire face à la crise des virus, affirment que les mesures de sauvetage doivent être temporaires et limitées à six ans pour éviter une perturbation à long terme du marché. Les pourparlers se poursuivent.

(Sous la direction de Frédéric Simon)