Le chef de l'UE Michel se rend samedi à Beyrouth – EURACTIV.fr

Le chef de l'UE Michel se rend samedi à Beyrouth – EURACTIV.fr

7 août 2020 0 Par Village FSE

Le président du Conseil européen, Charles Michel, se rendra à Beyrouth samedi 8 août, avant une importante conférence de donateurs pour lever des fonds pour la capitale libanaise endommagée par l'explosion, Beyrouth.

«Choqués et attristés, nous sommes aux côtés de toutes les personnes touchées et nous apporterons notre aide», a tweeté Michel, annonçant des rencontres avec le président Michel Aoun, le président du parlement Nabih Berri et le Premier ministre Hassan Diab.

Après son voyage, Michel participera à une visioconférence organisée par le président français Emmanuel Macron pour recueillir un soutien aux opérations de sauvetage. Michel et la présidente de la commission, Ursula von der Leyen, avaient écrit aux 27 Etats membres pour les exhorter à intensifier leur soutien au Liban.

Lors de la visioconférence de dimanche, l'exécutif européen sera représenté par le commissaire chargé de la gestion des crises et de l'aide humanitaire, Janez Lenarcic.

La Commission européenne affirme avoir coordonné l'envoi de 300 experts en sauvetage à Beyrouth et dégagé 33 millions d'euros pour les besoins d'urgence initiaux, y compris l'aide médicale.

L'UE libère une aide d'urgence de 33 millions d'euros pour l'explosion de Beyrouth

L'Union européenne a annoncé jeudi 6 août qu'elle avait débloqué 33 millions d'euros pour financer l'aide d'urgence initiale au Liban et mobilisé des ressources matérielles, dont un navire-hôpital italien, pour aider les secours à Beyrouth, dévastée mardi par deux explosions.

Premières arrestations effectuées

Vendredi, les sauveteurs ont fouillé les décombres du port de Beyrouth à la recherche de survivants, surveillés à bout de souffle par les proches des disparus, les autorités procédant à cinq nouvelles arrestations dans le cadre d'une enquête très médiatisée.

Le choc s'est transformé en colère au Liban depuis que l'explosion colossale de mardi a tué au moins 154 personnes et dévasté des pans de la capitale, les forces de sécurité tirant des gaz lacrymogènes sur les manifestants qui se sont rassemblés près du parlement jeudi 6 août.

La révélation qu'une énorme cargaison d'engrais dangereux à base de nitrate d'ammonium avait langui pendant des années dans un entrepôt au cœur de la capitale a servi de preuve choquante pour de nombreux Libanais de la pourriture au cœur de leur système politique.

Ce qui a enflammé les 2 750 tonnes d'engrais n'est toujours pas clair. Des responsables ont déclaré que les travaux de réparation de l'entrepôt avaient récemment commencé, tandis que d'autres soupçonnaient des feux d'artifice qui étaient stockés au même endroit ou à proximité.

Près du siège de l'explosion, près de la carcasse des silos à grains géants du port, des équipes de sauvetage de France, d'Allemagne, d'Italie et d'autres pays ont coordonné leurs efforts de recherche.

100000 enfants sans abri

Au port, les sauveteurs russes se trouvaient à la cheville dans le maïs, alors que les excavateurs enlevaient les conteneurs d'expédition mutilés. Les équipes de défense civile ont observé avec anxiété un chien renifleur alors qu'il faisait les cent pas autour d'un trou sous une grue tombée. Une étrange sensation de calme envahit le port autrefois animé, réduit à une énorme casse.

Les seuls sons sont ceux de la machinerie lourde coupant à travers des forêts de tiges de fer tordues et des montagnes de gravats de béton pour ouvrir la voie aux sauveteurs.

Beyrouth a reçu une assistance internationale depuis l'explosion. Le président français Emmanuel Macron a été le premier dirigeant mondial à atterrir au Liban jeudi, où il a exhorté les responsables à adopter une réforme en profondeur avant une conférence sur l'aide prévue dans les prochains jours.

Le Programme alimentaire mondial a déclaré qu’il allouerait des colis alimentaires aux familles touchées et augmenterait les importations de blé pour remplacer les stocks perdus des silos éventrés du port. L'Organisation mondiale de la santé, quant à elle, a appelé à 12,7 millions d'euros pour couvrir les traumatismes d'urgence immédiats et les besoins de santé humanitaire.

Les hôpitaux libanais, déjà mis à rude épreuve par une vague de cas de coronavirus et une grave crise économique, ont été gravement endommagés par l'explosion et ont été submergés par des victimes.

Les Nations Unies ont déclaré que jusqu'à 100 000 enfants font partie des 300 000 personnes sans abri, dont beaucoup ont été séparées de leur famille.

Le cercle des suspects s'élargit

La destruction causée par l'explosion s'étendant sur plus de la moitié de la capitale et les dommages qui devraient coûter plus de 2,5 milliards d'euros, les dirigeants mondiaux ont soutenu les appels des Libanais ordinaires demandant que les responsables soient tenus pour responsables.

Lors de sa visite rapide de jeudi, Macron a souligné la nécessité d'une enquête internationale après avoir rencontré des politiciens libanais, y compris des représentants du puissant mouvement chiite Hezbollah, dont le chef Hassan Nasrallah devait parler plus tard vendredi.

Les autorités libanaises avaient annoncé leur propre enquête sur l'explosion de mardi et vendredi après-midi avaient arrêté 21 personnes, dont des douaniers et des ingénieurs portuaires, a déclaré une source judiciaire à l'AFP.

Le directeur général du port, Hassan Koraytem, ​​était parmi eux, a ajouté la source.

Des dizaines d’autres ont été interrogés par le tribunal militaire libanais, qui concentre ses efforts sur les responsables de l’administration et de la sécurité du port ainsi que sur les autorités gouvernementales qui ont peut-être ignoré les avertissements concernant les matières explosives dans le port.

Ces mesures n’ont pas atténué la colère dans les rues de Beyrouth, où des dizaines de manifestants se sont affrontés avec les forces de sécurité jeudi soir, tirant une salve de gaz lacrymogène. Les dirigeants libanais étaient déjà profondément impopulaires, avec une vague de manifestations de masse qui ont éclaté en octobre de l’année dernière ne faisant que s’atténuer face à la pandémie de coronavirus.