La nouvelle stratégie de l'Union de la sécurité de l'UE est un bon premier pas

La nouvelle stratégie de l'Union de la sécurité de l'UE est un bon premier pas

31 juillet 2020 0 Par Village FSE

Bruxelles est un lieu où prolifèrent des stratégies de sécurité de différentes natures.

  • La commissaire Margaritas Schinas (à gauche) a décrit le SUS comme une nouvelle maison avec un toit unique, au sein de laquelle l'UE cherche à construire un nouvel écosystème de sécurité qui couvre l'ensemble du spectre politique (Photo: CE – Service audiovisuel)

Puis, en 2016, est venue la stratégie globale de l'UE. En plus de celles-ci, l'UE a publié plusieurs stratégies sectorielles telles que la stratégie de cybersécurité de 2013 et la stratégie de sécurité maritime de 2014, pour n'en nommer que quelques-unes.

Le 24 juillet, la Commission européenne a publié le dernier ajout à la collection de stratégies de l'UE, la nouvelle stratégie de l'Union de la sécurité de l'UE (SUS).

C'est une réponse aux orientations politiques de la candidate à la présidence de la Commission de l'époque, Ursula von der Leyen, pour la commission actuelle, et au mandat que sa lettre de mission à la vice-présidente de la commission Margaritis Schinas lui a confiée pour développer une approche intégrée et globale de la sécurité.

Le SUS est un vaste document intersectoriel qui cherche à surmonter les anciennes dichotomies entre la sécurité en ligne et hors ligne, la sécurité numérique et physique et la sécurité interne et externe.

Il s'agit d'une réponse aux menaces transfrontalières et transsectorielles sophistiquées qui nécessitent de plus en plus de place dans l'agenda de sécurité de l'UE. Il s'agit notamment du terrorisme, de la cybercriminalité, des attaques hybrides et des campagnes de désinformation, pour n'en nommer que quelques-uns.

Le SUS est également façonné par la lutte en cours contre la nouvelle pandémie de maladie à coronavirus (Covid-19).

Il note que Covid-19 a remodelé notre notion des menaces à la sûreté et à la sécurité, et a souligné la nécessité de garantir la sécurité dans les environnements physiques et numériques.

Covid-19 a également souligné l'importance de chaînes d'approvisionnement sûres et renforcé la nécessité d'impliquer tout le monde dans un effort pour renforcer la résilience de l'UE. Le SUS est donc aussi un produit de son temps.

Bien que le SUS ne définisse pas explicitement ce qu'est une union de la sécurité, il fournit des suggestions sur la façon dont une union de la sécurité devrait être conceptualisée.

La première page du document suggère qu'une union de la sécurité est un lieu où les droits et libertés des individus sont bien protégés. Cela en fait une aspiration, un objectif à atteindre, plutôt qu'une structure concrète.

Le commissaire Schinas a décrit le SUS comme une nouvelle maison avec un toit unique, au sein de laquelle l'UE cherche à construire un nouvel écosystème de sécurité couvrant l'ensemble du spectre politique.

En effet, le SUS jette les bases de ce travail en identifiant quatre domaines prioritaires d'action au niveau de l'UE. Il s'agit d'un environnement de sécurité à l'épreuve du futur, de menaces en constante évolution, du terrorisme et du crime organisé, et d'un écosystème de sécurité européen.

'Liste de choses à faire

Dans chacun de ces domaines, le SUS identifie une « liste de choses à faire » pour l'UE pour 2020-2025.

Les tâches du premier titre se concentrent sur le renforcement de la résilience des infrastructures physiques et numériques de l'Europe, celles du second sur la lutte contre la cybercriminalité et les menaces hybrides, celles du troisième sur la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, et celles du quatrième sur le renforcement des institutions européennes. et paysage de la sécurité administrative.

Il convient de noter que la sécurité de l'individu est au cœur de l'Union de la sécurité, plutôt que la sécurité des États membres, ou même la sécurité de l'UE.

Tous ces éléments sont bien sûr interdépendants et ne s’excluent pas mutuellement, mais l’accent mis par le SUS sur des priorités telles que le renforcement de la lutte contre les abus sexuels sur les enfants et la traite des êtres humains place la sécurité de l’individu au premier plan.

Dans l'ensemble, le SUS cherche à faciliter le développement des capacités et des capacités afin de renforcer la résilience de l'UE face aux menaces et aux défis auxquels elle est confrontée.

Compte tenu de la longue liste de ces menaces et défis, il convient de se féliciter que la commission ait développé un cadre holistique et transversal pour y faire face à la fois dans le monde physique et numérique. Dans le monde contemporain, c'est essentiel.

À l'avenir, il sera crucial que la mise en œuvre des différents axes de travail SUS soit coordonnée efficacement au sein de la Commission.

La responsabilité globale incombera à Schinas, mais relever des défis tels que les menaces hybrides, la criminalité organisée, la cybersécurité, la désinformation et la résilience des infrastructures critiques nécessitera également la contribution de plusieurs autres membres du collège des commissaires, y compris le chef des affaires étrangères de l'UE, Josep Borrell.

La relation du SUS avec les stratégies existantes de l'UE devrait également être clarifiée.

Comme la plupart des stratégies de l'UE, le SUS n'explique pas comment il se rapporte aux documents stratégiques existants, dont l'Union en a beaucoup.

Étant donné qu'elle cherche à surmonter les dichotomies telles que celle entre la sécurité intérieure et extérieure, la commission devrait expliquer comment le SUS s'articule, en particulier avec la stratégie globale de l'UE de 2016 (EUGS), qui expose la vision globale de la politique étrangère et de sécurité de l'Union.

Pour le moment, la SGUE n'est mentionnée que dans une note de bas de page.

Enfin, étant donné que le SUS vise à faciliter le développement des capacités et des capacités, la Commission devrait également clarifier son lien (le cas échéant) avec d'autres initiatives dans ce domaine, à savoir le Fonds européen de défense (FED) et la coopération structurée permanente (CSP ).

Le FED et la CSP sont davantage axés sur l'aspect défense de la coopération, et cette dernière est également une initiative des États membres, par opposition à une initiative de la commission.

Cependant, il existe un chevauchement entre les deux et le SUS, en particulier entre les priorités du SUS sur la cybersécurité et les menaces hybrides et plusieurs projets CSP.

L'UE devrait donc explorer la possibilité de créer des synergies entre eux.