La France veut que l'UE gagne la «bataille des communications» du COVID-19 – EURACTIV.fr

La France veut que l'UE gagne la «bataille des communications» du COVID-19 – EURACTIV.fr

26 mars 2020 0 Par Village FSE

La solidarité européenne est mise à l’épreuve car certains États membres de l’UE ne soutiennent pas l’idée de «corona bonds» et l’approche de l’UE pour communiquer avec le public sur la crise reste trop discrète, selon Paris. Reportage d'EURACTIV France.

En quittant le Conseil des ministres mercredi 25 mars, les représentants du gouvernement semblaient très sérieux. Après avoir promis «sang et larmes» les jours précédents, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire était encore plus alarmiste.

« Chacun pour soi entraînera la disparition de la zone euro », a averti Le Maire un jour après une discussion amère entre les ministres des finances de l'UE qui a abouti à l'échec de la proposition « d'obligations corona » déposée.

Les «obligations Corona» sont de simples euro-obligations, des émissions obligataires traditionnelles, mais qui seraient garanties au niveau de l'UE et non par un pays individuel.

Un tel outil, souhaité depuis longtemps par la France et les pays du sud de l'Europe, permettrait de mutualiser le coût de la crise sanitaire.

Alors que la logique aurait du sens pour les pays les plus touchés en ce moment et qui ne sont pas les plus solides financièrement, comme l'Italie et l'Espagne, l'Allemagne et les Pays-Bas continuent de s'opposer à cette hypothèse.

Le sujet n'est pas officiellement à l'ordre du jour du Conseil européen, qui se tiendra via une vidéoconférence jeudi 26 mars, mais il sera inévitablement discuté car il s'agit de l'un des enjeux clés de la crise.

En outre, cela n'implique pas d'énormes sommes d'argent: l'hypothèse envisagée est que le mécanisme européen de stabilité (MES) pourrait accorder aux États membres de la zone euro des crédits pouvant atteindre 2% de leur PIB.

Ces crédits, cependant, seraient toujours considérés comme de la dette, c'est pourquoi les marchés financiers ne sont pas convaincus par cette solution et évitent donc les économies les plus endettées, comme l'Italie.

Compte tenu de cette urgence, les thèmes officiels à débattre au Conseil européen sont de moindre importance, même s'ils peuvent également mettre en avant la solidarité européenne.

Une bataille de communication à gagner

Or, c'est précisément sur ce sujet que la France souhaite insister au Conseil européen, qui doit se concentrer sur la gestion concrète de la crise actuelle des coronavirus.

Quatre sujets sont à l'ordre du jour: limiter la propagation du virus, fournir du matériel médical, promouvoir la recherche pour trouver un vaccin et freiner les conséquences socio-économiques de la pandémie.

La Commission européenne a déjà accordé une attention considérable à ces questions, comme le montre le site Internet de l’exécutif européen: pas moins de 49 communiqués de presse ont été publiés depuis le début de la crise, représentant autant de décisions concrètes. Et plus a été fait en silence, derrière les murs feutrés du bâtiment Berlaymont à Bruxelles.

« Il n'y a pas eu suffisamment de communication sur les efforts locaux les uns envers les autres », a expliqué un conseiller du président, avant la rencontre entre les chefs d'État.

Le président français a rappelé mercredi 25 mars que des patients italiens avaient été admis dans les hôpitaux français au début de la pandémie, bien avant que l'Allemagne n'offre son aide pour accueillir des patients français puis italiens.

« La France a livré autant de masques à l'Italie que la Chine », a insisté l'Élysée, qui a déploré que l'UE ne communique pas plus ouvertement sur ses actions à un moment où il se passe beaucoup de choses.

En janvier, par exemple, l'Union européenne a envoyé des tonnes de matériel médical en Chine sans communiquer sur le sujet, la Chine ayant indiqué qu'elle ne souhaitait pas le faire, afin de sauver la face.

En comparaison, la Russie puis la Chine ont fait beaucoup de bruit au sujet de l'aide qu'elles ont envoyée à l'Italie, bien qu'elle soit relativement modeste.

(Édité par Zoran Radosavljevic)