Cinq semaines cruciales pour déterminer l'ère post-Brexit – EURACTIV.fr

Cinq semaines cruciales pour déterminer l'ère post-Brexit – EURACTIV.fr

30 juin 2020 0 Par Village FSE

L'UE et la Grande-Bretagne lancent lundi cinq semaines intenses de négociations sur un accord pour définir leurs relations après le Brexit, Londres souhaitant conclure rapidement.

La nouvelle série de pourparlers à Bruxelles sera la première à se tenir en face à face depuis la fermeture du coronavirus combinée aux positions bien établies des deux parties pour freiner les progrès.

Les réunions alterneront chaque semaine entre Bruxelles et Londres en juillet et fin août, comme les équipes l'ont appris dimanche, le négociateur en chef britannique David Frost sera promu au poste de conseiller à la sécurité nationale du Premier ministre Boris Johnson.

Certains commentateurs ont immédiatement suggéré que cela pourrait briser l’attention de la partie britannique, mais un porte-parole britannique a insisté sur le fait que le nouveau titre de Frost ne signifie pas qu’il sera distrait des discussions en cours avec son homologue européen, Michel Barnier.

« David restera le négociateur en chef des pourparlers sur l'UE jusqu'à ce qu'un accord soit conclu ou jusqu'à la fin des pourparlers », a déclaré le responsable.

«Cela restera sa première priorité. Comme nous l'avons clairement indiqué, nous ne souhaitons en aucun cas que ces pourparlers se poursuivent à l'automne. »

Intensification

L'espoir est que l'intensification des discussions permettra d'obtenir des résultats après que les sessions précédentes, principalement des discussions par vidéoconférence, aient peu abouti.

Mais la colère a explosé ces derniers jours et Johnson a insisté samedi sur le fait que la Grande-Bretagne accepterait les conséquences de l'absence d'accord si aucun terrain d'entente ne pouvait être trouvé.

La chancelière allemande Angela Merkel – dont le gouvernement prend la présidence de l'UE la semaine prochaine – a également affiné sa position publique, se demandant si Londres veut vraiment un accord.

« Bien sûr, il serait dans l'intérêt de la Grande-Bretagne et de tous les États membres de l'Union européenne de parvenir à un retrait ordonné », a déclaré Merkel au quotidien Sueddeutsche Zeitung.

« Mais cela suppose que les deux parties le souhaitent », a-t-elle ajouté.

La Grande-Bretagne a quitté l'UE le 30 janvier et une période de transition post-Brexit au cours de laquelle elle fait toujours partie du marché unique prend fin le 31 décembre.

Sans nouvel accord, les deux parties verraient leurs liens réduits aux normes minimales fixées par l'Organisation mondiale du commerce avec des tarifs élevés et de graves perturbations des affaires.

Londres veut se mettre d'accord sur au moins les os nus d'un accord commercial cet été – au moins politiquement, sinon légalement – afin d'offrir une clarté aux entreprises bien avant la fin de l'année.

L'UE est moins pressée par le temps et estime que la ratification nécessaire par le Parlement européen et d'autres nécessiterait un accord d'ici fin octobre.

« Plus vite nous pourrons parvenir à un accord, mieux ce sera – et il n'y a pas de raison claire pour que les grandes lignes d'un accord politique ne soient pas atteintes cet été », a expliqué à l'AFP une source du numéro 10.

«Constructif, créatif»

Le format des pourparlers de lundi sera plus rationalisé que les premiers tours, qui ont impliqué des centaines de fonctionnaires répartis en sessions séparées sur divers sujets.

Dorénavant, Barnier et Frost dirigeront des équipes plus petites avec l'autorité politique pour briser les blocages.

« Nous serons constructifs, comme nous l'avons toujours été, et respectueux, et nous sommes prêts à faire preuve de créativité pour trouver un terrain d'entente », a déclaré Barnier au European Policy Centre à Bruxelles la semaine dernière.

Dans un tweet, Frost a déclaré qu'il viendrait à Bruxelles de «bonne foi».

Mais il a averti: « Cela doit être une véritable négociation et certaines des positions irréalistes de l'UE devront changer si nous voulons aller de l'avant. »

Les discussions débuteront par une rencontre entre les deux hommes à 08h00 GMT et se poursuivront tout au long de la semaine avec de courtes sessions sur les sujets les plus problématiques.

Il s'agit notamment des garanties d'une concurrence loyale exigées par l'UE en matière fiscale, sociale ou environnementale afin d'éviter l'émergence d'une économie peu réglementée aux portes de l'Europe.

D'autres points sensibles sont le rôle de la Cour de justice de l'UE, l'accès aux eaux britanniques pour les pêcheurs européens, ainsi que la forme de l'accord.

Il pourrait s'agir soit d'un accord très large couvrant tous les domaines de la relation, comme le souhaitent les Européens, soit d'un simple accord commercial avec de petits accords sectoriels recherchés par Londres.