Au profit de la jeunesse – au profit de l'inclusion – EURACTIV.com

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19 septembre 2020 0 Par Village FSE

Le financement d'Erasmus + ne doit pas être sacrifié alors que l'UE se prépare à son plan de dépenses massif pour lutter contre les dommages économiques causés par Covid-19, écrit Florian Sanden.

Florian Sanden est le chef du bureau de l'Office européen pour le travail de jeunesse catholique et l'éducation des adultes.

Le programme Erasmus + de l'Union européenne a fourni un financement important pour le travail de jeunesse non formel depuis 2014. Erasmus + est populaire. Les jeunes de tous les milieux socioculturels souhaitent participer à un échange international. Erasmus + fonctionne.

Un saut clair dans le développement personnel et professionnel peut être observé parmi les participants après un échange Erasmus +.

Ces dernières années, les gouvernements de l'UE ont formulé des objectifs ambitieux pour l'avenir d'Erasmus +. «Une expansion de la mobilité et des échanges grâce à un programme Erasmus + considérablement renforcé, inclusif et élargi» a été annoncée par les chefs d'État et de gouvernement en décembre 2017.

En mai 2018, les ministres du Conseil de l'UE ont adopté un appel à «des mesures visant à renforcer et à ouvrir la participation afin de rendre Erasmus + plus inclusif et équitable». La Commission européenne a annoncé en mai 2018 un triplement du nombre de jeunes participants.

Inclusion et Erasmus +

Pourquoi l'accent mis sur l'inclusion? En ce qui concerne l'accessibilité, le secteur jeunesse a de bons résultats: en 2018, la part des jeunes participants ayant moins d'opportunités était de 37,8%.

Un regard sur les chiffres de la participation des jeunes handicapés brosse un tableau différent. En 2018, la proportion de participants dans l'UE n'était que de 2,7%. L'existence d'obstacles structurels à la participation des personnes handicapées à Erasmus + Jeunes est la cause la plus probable de ce faible nombre.

La Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées énonce clairement le droit des personnes handicapées à être incluses sur un pied d'égalité dans tous les domaines de la vie. Que peut-on faire pour éliminer les obstacles à l'accès à Erasmus +?

Premièrement, tant dans Erasmus + que dans le corps européen de solidarité (CES), la manière dont les groupes défavorisés sont traités et la fourniture d'informations devraient être améliorées.

Lorsqu'elles ne sont pas interpellées directement, les personnes handicapées supposent souvent qu'elles sont exclues de la participation. Les pages Internet et le matériel publicitaire devraient donc indiquer clairement qu'Erasmus + et le CES sont là pour tous les jeunes.

Des informations conviviales sur les options de soutien pour les personnes handicapées telles que l'assistance personnelle, le soutien thérapeutique et le matériel médical ne sont pas encore disponibles. Il est difficile de trouver des installations accessibles.

Deuxièmement, les dépliants publicitaires et les sites Web ainsi que les documents de programme pertinents ne sont actuellement pas lisibles pour tout le monde. Le matériel publicitaire et les documents numériques officiels doivent toujours être disponibles dans un langage simple et dans la norme WCAG lisible pour les lecteurs d'écran.

Des vidéos publicitaires et explicatives devraient être disponibles en langue des signes et des documents imprimés en braille.

Troisièmement, il doit y avoir plus de flexibilité dans la prise en charge des dépenses supplémentaires. L'UE finance déjà 100% des coûts supplémentaires encourus dans les projets avec des jeunes handicapés.

Cependant, ces dépenses doivent être entièrement indiquées à l'avance. Il est souvent difficile pour les prestataires d'estimer les coûts qui en résultent. Pour les projets avec des personnes handicapées, il devrait être possible d'ajuster les dépenses pendant la mise en œuvre de l'action.

Les négociations sur le cadre financier pluriannuel 2021-2027

La crise des coronavirus a ébranlé le consensus pour renforcer Erasmus +. Dans les négociations en cours sur le cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE, le Conseil européen préconise seulement une augmentation d’Erasmus + à 21 milliards d’euros.

Dans le même temps, un montage financier de 750 milliards d'euros pour les investissements dans les infrastructures et pour le sauvetage des entreprises est prévu. Les calculs de la commission des budgets du Parlement européen montrent qu’Erasmus + a besoin d’au moins 30 milliards d’euros de budget de 2021 à 2027 pour pouvoir mettre en œuvre ses objectifs.

Si les plans de dépenses du Conseil européen devenaient réalité, les objectifs de tripler le nombre de jeunes participants Erasmus + et d’améliorer en permanence l’intégration devraient être abandonnés.

Le Parlement européen partage ce point de vue et a donc rejeté à plusieurs reprises les plans de dépenses actuels du Conseil européen. Dans une résolution adoptée le 23 juillet, les députés ont réaffirmé leur rejet de la position du Conseil à une large majorité et se sont engagés à rejeter le CFP, si nécessaire.

Les projets du Conseil européen visant à stimuler les investissements publics pour contrer les conséquences économiques de la pandémie corona doivent être salués. Cependant, les dépenses d'infrastructure et l'épargne des entreprises ne suffisent pas.

Pour une reprise durable, l'investissement dans l'éducation et la jeunesse est tout aussi important. Les programmes phares de l’UE ne doivent pas être sacrifiés pour une relance économique à court terme. L'objectif d'augmenter le budget d'Erasmus + à 30 milliards d'euros doit être maintenu.